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Pixels de suivi dans les e-mails : quelles implications pour votre structure ?

La CNIL, homologue française de l’Autorité de protection des données (APD) en Belgique, a publié au printemps 2026 ses recommandations sur l’utilisation des pixels de suivi dans les courriels. Cette publication a déclenché une vague de communications de la part des entreprises souhaitant mettre en conformité leur audience face à l’utilisation de ces traceurs.

Faisons le point et décryptons ensemble ce que cela signifie pour vous.

 

Ma structure est-elle concernée ?

Si vous utilisez un outil d’emailing (Brevo, Mailchimp, Infomaniak, etc.), celui-ci vous permet probablement de consulter des rapports de campagne indiquant un certain nombre de données : taux d’ouverture, de clics, appareil utilisé, etc. Ces statistiques sont agrégées grâce à de petits pixels invisibles, intégrés dans l’e-mail, qui enregistrent ces informations lors de l’ouverture. Si vous avez accès à ce type de rapports liés à vos campagnes, alors vous êtes concernés.

 

Pourquoi cette alerte aujourd’hui ?

L’utilisation de ces pixels n’est pas nouvelle. Cependant, l’utilisateur est en droit d’attendre un degré de protection élevé concernant sa boîte mail personnelle. L’APD précise depuis quelques années que les règles relatives aux cookies (directive ePrivacy) s’appliquent également à d’autres techniques de traçage, notamment les pixels de suivi. Toutefois, aucune instruction claire n’avait été donnée sur les modalités de collecte du consentement, contrairement aux cookies sur les sites web. La CNIL s’est concrètement penchée sur la question et des règles strictes sont désormais disponibles pour assurer votre conformité vis-à-vis de cette directive.

 

Concrètement, que devons-nous faire ?

Deux cas de figure se présentent à vous :

Vos bases de données existantes

Pour votre audience actuelle, il vous est demandé d’envoyer un e-mail d’information expliquant clairement que vous utilisez ce pixel de suivi et pourquoi. Vous devrez lister ces raisons (exemple : mesurer l’efficacité de vos campagnes, optimiser la délivrabilité en adaptant le jour et l’heure d’envoi, ou collecter des informations techniques liées à l’ouverture de vos e-mails telles que le type d’appareil, le navigateur ou le logiciel de messagerie). Ce courriel devra également offrir une possibilité de s’opposer à l’utilisation du pixel. Il ne s’agit pas d’un e-mail de désinscription globale : pour les personnes marquant leur opposition, vous ne pourrez plus utiliser le pixel de suivi, mais vous pourrez continuer à leur envoyer vos e-mails (sauf si elles se désinscrivent par ailleurs).

Les nouvelles adresses e-mail collectées

Pour les nouvelles personnes dont vous récolterez les coordonnées, vous devrez recueillir leur consentement explicite concernant l’utilisation de ces pixels. La méthode la plus simple consiste à ajouter, sous chaque formulaire de collecte (sur votre site web, formulaire papier, etc.), une mention du type : « J’accepte que l’ouverture de vos e-mails soit suivie via un pixel à des fins d’analyse et d’optimisation. »

Cela implique bien entendu que vous gériez par la suite les oppositions (pour les bases existantes) et les refus de consentement (pour les nouvelles acquisitions) directement dans votre outil d’emailing. Dans cette optique, n’hésitez pas à contacter votre fournisseur de solution d’emailing pour vous accompagner dans cette gestion technique.

Y a-t-il des exemptions possibles ?

Il existe certaines exemptions à l’obligation de consentement préalable. Celles-ci s’appliquent notamment si le pixel vise uniquement à sécuriser une connexion ou à mesurer l’ouverture des e-mails dans la seule optique de réduire ou d’arrêter les envois aux personnes inactives (nettoyage de liste).

 

Vous souhaitez aller plus loin dans votre mise en conformité (ePrivacy, RGPD, eIDAS…) ? Discutons-en !  

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